identités remarquables

"Une photo. Ce qu’elle montre. La chair de l’image.

Une photo. Ses bords. Ses angles. Ses lignes droites.

L’œil. Son champ de vision. N’a pas de bord. Mais des limites.

Des limites floues. Et changeantes. Et mouvantes. Constamment.

C’est dans cet écart, cette distance entre ce qu’a pris l’appareil et ce qu’a vu l’œil que

pourrait se situer ce travail : ce qui saisit, ce qui se laisse saisir ; ce qui focalise, ce qui

tranche.

1Avec le poids du hors-champ. Le poids d’un désir qui s’ouvre au moment et au lieu de la

prise de vue. Puis laisse la place, l’espace.

Espace en amont de la question du genre — de la photo et des êtres —, mais se dirigeant à

pleine vitesse vers lui : à qui appartient ce corps ? Comment se mêle-t-il à la lumière ?

Espace à la base de la question de l’espace social et de son combat : une regardante, une

regardée et l’image qui en résulte comme densification de l’air entre elles."

E.S.